RÉSIDENCE 2025 — JULIA BORDERIE ET ÉLOISE LE GALLO
Nous avons le plaisir d’accueillir le duo d’artistes Julia Borderie & Éloïse le Gallo à l’occasion de la 5e édition de la résidence de recherche et de création.
D’octobre 2025 à mars 2026, Julia Borderie et Éloïse Le Gallo résident au cœur du village d’Oletta pour poursuivre leurs recherches à la croisée du cinéma, de la science et du son, explorant les relations entre humains et cétacés en Méditerranée. Depuis 2016, les artistes s’intéressent à l’eau comme substance qui façonne territoires et corps. Leur approche documentaire, à la fois poétique et sensible, relie artisanat, géologie et biologie marine, faisant de la caméra un catalyseur de rencontres. À l’occasion de cette résidence, les artistes développent une recherche qui entremêle voix humaines, instruments à vent et souffles de cétacés, une traversée entre les rives, les temps géologiques, les disciplines et les espèces.
À partir des récits ancestraux façonnés par la science, le duo d’artistes proposent d’en éprouver la matière pour les réinvestir par le chant polyphonique. Il s’agira ainsi d’expérimenter des façons de créer un récit collectif. Comment transformer ces savoirs en une expérience sensible et partagée ? Comment faire émerger un récit véritablement collectif, porté par les voix et les souffles ?
Le deuxième temps de la résidence sera consacré à la collecte de sons et d’images auprès de chanteuses et chanteurs polyphoniques rencontré·es précédemment, ainsi qu’auprès de musicien·nes jouant des instruments à vent traditionnels corses. Par des exercices vocaux et des modulations de sons avec ces instruments, un dialogue s’ouvrira autour des langages et des systèmes acoustiques des cétacés, pour mettre en perspective le souffle vital, commun aux mammifères terrestres et marins.
Des sorties en mer viendront prolonger cette recherche et seront permises grâce au partenariat avec la base scientifique dédiée à la recherche marine en Méditerranée Stareso. Munies d’une caméra Super 8 étanche, les artistes réalisent des captations sous-marines en tentant d’adopter, au moment des enregistrements, un point de vue de mammifère marin et éprouver ce que pourrait signifier « être dauphin, rorqual ou cachalot.
BIOGRAPHIE
Duo d’artistes-réalisatrices françaises, Eloïse Le Gallo & Julia Borderie font de l’expérience de l’altérité une condition de la création artistique. Depuis 2016 et sur un mode exploratoire, elles s’intéressent ensemble à l’interaction profonde que l’eau entretient avec les territoires qu’elle baigne, de la source à l’océan, en remontant à l’origine génésique des êtres qui y vivent et à l’origine géologique des matériaux dans le paysage. Dans une approche documentaire poétique, l’œil de la caméra opère en catalyseur de rencontre, tout en questionnant les gestes humains qui façonnent matières et territoires. Au cœur d’un maillage de points de vue et de disciplines (techniques artisanales, géologie, chimie, biologie marine etc.) leur travail se développe à la croisée de la sculpture et du cinéma. Récemment, leur recherche les a amenées à s’interroger plus spécifiquement sur les complémentarités entre forme savante et forme sensible, dans des collaborations avec des scientifiques autour de formes générées par leurs outils technologiques de pointe.
Développant leurs projets lors de résidences, elles diffusent leurs films dans de nombreux festivals à l’international (Winterthur, Festival du nouveau cinéma de Montréal, Vidéoformes, Festival dei Popoli, Ovni) et participent à des expositions collectives et personnelles (MAC VAL (2024), Crédac (2024),
Maison des arts de Grand Quevilly (2024), La Maréchalerie – centre d’art contemporain de l’ENSA Versailles (2022), Cac La Traverse Alfortville (2021), Gac Annonay (2020), Galerie/Espace d’art contemporain du théâtre de Privas (2018, France), Biennale d’Architecture de Venise (2018).
Image : Julia Borderie & Éloïse Le Gallo, Clou d’or, 2024, bronze et plâtre, 27 x 17 x 13 cm © Fred Margueron